• Déclaration de la CGT Pimkie concernant le motif économique et la réorganisation (Livre 2)

    Depuis le début de la procédure, les élus CGT Pimkie affirment qu’il n’y a pas de motif économique, ni même de perte de compétitivité de la filiale Diramode SAS.

    Pour rappel, Diramode SAS appartient à un groupe nommé OOSTERDAM, dans lequel la holding F.S.I (société mère du groupe) détient l’ensemble des filiales internationales (Belgique, Luxembourg, Allemagne, Espagne, Italie, Pologne, Roumanie, Autriche, république Tchéque, Slovanie, Suisse, Hongrie, ainsi que les bureaux de sourcing à Hong Kong, au Maroc et en Tunisie). Cette holding capitalise les dividendes des filiales, supporte les dettes à long terme, encaisse les plue-value, paye des intérêts d’emprunt aux banques créancières et reçoit des intérêts des filiales pour les prêts qu’elle leur octroie.

    Le Groupe OOSTERDAM publie des comptes consolidés et de son côté l’ensemble « Diramode - PPP » constitue un « sous-groupe » qui donne lieu à l’établissement de comptes agrégés. Ce sont ces données agrégées qui sont présentées en page 7 du Livre 2 et sur lesquelles la direction Pimkie s’appuie pour démontrer le motif économique et la perte de compétitivité. 

    Hors, ce type de comptes agrégés prend en compte les coûts des filiales étrangères et de certains bureaux de sourcing supportés par Diramode, car cette dernière assure  les fonctions régaliennes de F.S.I (grossiste, centrales, finances et web), mais il ne perçoit pas le chiffre d’affaires généré pas ces mêmes filiales, ni même le chiffre d’affaires du Web. De plus, Diramode pilote l’activité des filiales pour leurs assurer une marge entre 0.4% et 4.6%, en appliquant le RCAI (prix de transfert), ce qui rend illisible l’EBITDA présenté en page 5 du livre 2. Cet indicateur est donc obsolète.

    Pour résumé, les données agrégées ne sont pas pertinentes et accentuent artificiellement les pertes, seules les données des comptes consolidés au niveau du groupe OOSTERDAM sont fiables pour démontrera des difficultés économiques et une perte de compétitivité. 

    Alors, voyons maintenant ce que nous dit les comptes consolidés du groupe :

    Si le chiffre d’affaires en 2017 diminue de 38,6 M€, cette baisse est, selon les comptes consolidés du groupe, uniquement imputable aux filières étrangères, car le chiffre d’affaires France reste stable en 2017, comme indiqué en page 5 du livre 2 (245 033 K€ en 2013, 242 214 K€ en 2014, 247 044 K€ en 2015, 257 382 K€ en 2016 et 249 987 K€ en prévisionnel à novembre 2017). C’est bien la baisse du chiffre d’affaires HORS France qui explique la totalité de la baisse du chiffre d’affaires Groupe en 2017.

    Certes, 2017 constate une perte nette de 56 M€ qui s’explique à 76% par la baisse du chiffre d’affaires et par les invendus dus à l’échec ponctuel de la collection 2017. Cependant, cette perte nette n’a finalement qu’un impact cash négatif de 4,7 M€, comme l’indique les compte consolidés.

    En revanche, malgré des fonds propres de 84 M€ (en baisse du fait de l’échec de la collection 2017) et malgré un endettement net de 39 M€, la structure bilancielle du groupe FSI est saine avec un taux d’endettement net de seulement 46%. 

    En page 8 du Livre 2, la direction mentionne « un endettement net consolidé de 40 M€, positif pour la première fois de l’histoire de Pimkie » on voit qu’entre 2012 et 2016, période qui a généré 120,5 M€ de cash, la maison mère du groupe a ponctionné 64 M€ de cash dans la trésorerie du groupe, afin de faire des rachats d’actions. Si la maison mère du groupe n’avait pas ponctionné cette somme, le Groupe aurait été en trésorerie positive de 25 M€ et n’aurait pas eu besoin de contracter une dette de 40 M€.

    L’EBITDA est en perte de 7,2 M€, cette perte ne peut en aucun cas être totalement attribuée à la France dont le chiffre d’affaires en 2017 est stable. Cette perte est à relativiser par rapport au cumul d’EBITDA engendré depuis 2011 de 139 M€ (la perte 2017 étant inclue).

    76 % de la baisse du résultat opérationnel courant (de 51.1 M€ en 2017) est du à la baisse de chiffre d’affaires. Or, comme déjà rappelé précédemment, le chiffre d’affaires de la zone France est resté stable en 2017, quand la Zone HORS France a vu son chiffre d’affaires diminuer de 38,7 M€. De plus, les invendus de 2017 ont pénalisé de 17 M€ le résultat opérationnel courant. Cette contre performance est due à l’échec ponctuel de la collection 2017. 

    En résumé, La CGT Pimkie affirme qu’il n’y a pas de motif économique, car le groupe a les marges de manœuvres financières suffisantes pour absorber ces pertes, comme le démontre les comptes consolidés 2017. 

    De plus, les comptes consolidés prouvent que c’est bien la baisse du chiffre d’affaires HORS France qui explique la totalité de la baisse du chiffre d’affaires Groupe en 2017. En application des ordonnances Macron, il n’est donc pas possible de supprimer les emplois en France. En effet, l’ordonnance n° 2017-1387 du 22 septembre 2017 relative à la prévisibilité et la sécurisation des relations de travail (dite ordonnance Macron) bouleverse véritablement le licenciement économique en ce qu’elle limite le périmètre d’appréciation de la cause économique au territoire national. 

    La direction relate « Un marché français du prêt-à-porter féminin en décroissance », Livre 2 page 11 pour expliquer son propre recul, mais elle poursuit une politique de développement à l’international, qui n’a jamais dégagé d’excédents et a eu une conséquence sur l’activité et la profitabilité du groupe FSI.

    Alors que la direction ne remet pas en cause et n’apporte aucune solution à sa stratégie de développement à l’international, l’échec d’une collection sur un seul exercice lui suffit pour constituer un motif économique valable à son plan de réorganisation. Les élus CGT refusent ce motif.

     

    S’agissant  de l’organisation cible, quand nous interrogeons la direction sur l’organisation et la stratégie de demain, nous avons seulement comme réponses, des « heuuuu » ou encore une réponse bien bateau : « on verra au fil de l’eau ». 

    Les élus CGT Pimkie s’interrogent, une entreprise comme Pimkie peut elle se construire au « fil de l’eau »??!!

    Quand on écoute la nouvelle direction Pimkie, la solution est toute trouvée ! Une pincée de roadmap, un zest de groupe de travail, une poignée de suppressions postes et le Pimkie de demain jaillit tel un remède miracle qui nous sauverait toutes et tous !

    Nous prenons acte que vous nous transmettez seulement aujourd’hui, jour de la consultation, le contenu des groupes de travail mis en ouvre depuis octobre 2017, alors même que nous vous les réclamons depuis le début de la procédure. Comment voulez vous que les élus aient le temps d’analyser ces documents et donner un avis motivé concernant leurs conséquences sur la réorganisation de Pimkie

    Concrètement, aucune réponse n’est apportée concernant le devenir des nombreux services, comme, la comptabilité, l’offre, l’inventaire ou encore la logistique. Cette liste n’étant pas exhaustive. Aucune réponse, non plus, n’est apportée concernant les magasins qui se retrouveront en sureffectif suite à la mutation de 83 salariés à qui Pimkie impose, en toute impunité et sans légitimité, la clause de mobilité, ou encore aux salariés des sièges et de la logistique que vous licencierez pour motif personnel, s’ils ne sont pas volontaires alors que leur poste est supprimé. 

    En voici quelques exemples, sans qu’il soit, là aussi, exhaustif : 

    - Le service comptabilité va se retrouver avec aucun aide comptable et seulement 3 comptables (alors qu’ils étaient  8 au total) pour gérer l’ensemble des magasins Pimkie ( la gestion des caisses,  les écarts, les tickets cadhocs des magasins Pimkie et des affiliés, budget mensuel, note de frais…). Comment fonctionnera t il demain pour répondre aux besoins des magasins et à la comptabilité obligatoire d’une entreprise, comme Pimkie internationale, drainant plus de 500 millions d’€ de chiffre d’affaires par an?

    - Le service informatique ou les emplois de techniciens  seront supprimés en totalité, alors que les salariés en postes chez Pimkie auront toujours besoin de recourir à leurs services. Comment gérer cette prestation interne ? Justement à ce sujet et particulièrement pour cette catégorie où l’ensemble des postes sont supprimés, vous affirmez que dans le cas où les salariés ne seraient pas volontaires, leur poste serait maintenu. Pourtant, vous avez cette volonté irréfrénable de supprimer leur poste. Pouvez-vous nous expliquer comment vous voyez l’avenir si ce service se maintenait, alors que vous avez comme objectif à long terme de le supprimer. ?

    - La suppression de 35 manutentionnaires et préparateurs de commandes sur 92, alors que le nombre de suppressions de magasins se fera au fil de l’eau durant 3 ans et que l’entreprise a déjà annoncé que 6 magasins Belges ne fermeraient pas alors qu’initialement le nombre était de 10. Comment approvisionner les magasins succursalistes, affiliés ou encore les partenaires ? 

    - De plus, suite au débat concernant la vente du site de Neuville en Ferrain, les élus CGT Pimkie s’inquiète de l’avenir du dépôt logistique après la vente du bâtiment. Comment pouvez-vous affirmer que le dépôt restera sur Neuville en Ferrain alors que Pimkie sera locataire et non propriétaire du bâtiment ?

    - La disparition totale du service inventaire alors que des inventaires sont programmés dans les prochains mois. Comment et qui traitera ces inventaires ?

    - le service travaux/ maintenance qui passe de 8 à 5 salariés, alors que l'activité gérée aujourd'hui en étant 8 salariés est difficilement absorbable au vu du nombre de magasins et le déploiement obligatoire pour l’image Pimkie des C6. Sans compter la poursuite du développement des affiliés.

    - S’agissant des magasins qui se retrouveront en sureffectif, vous n’apportez aucune réponse sur la pérennité ni même sur  la future organisation de ces magasins. 

    S’agissant des salariés des sièges et de la logistique que vous allez licencier pour motif personnel, alors que leur poste est supprimé et qu’ils ne sont pas volontaires, nous sommes interrogatifs sur vos objectifs. Voulez vous vraiment respecter le volontariat, où poussez-vous de nombreux salariés à la porte de l’entreprise dans le cas où ils résisteraient à votre volonté de les virer purement et simplement, sous prétexte d’un manque d’agilité de leur part, comme vous l’avez déjà exprimé !

    Au regard des ces exemples démontrant l’absence d’organisation cible ainsi que du refus de nous transmettre le contenu des groupes de travail qui auront un impact sur la nouvelle organisation, la CGT Pimkie affirme que cette restructuration ne porte qu’un seul nom, celle de la Fashion3, qui tout d’abord va mutualiser les services des entreprises la composant, puis créer des « mégastore » pour faire une offre homme/femme/enfant à sa clientèle. Mais ça, nous n’en voyons aucun écrit dans les documents qui nous sont aujourd’hui soumis à avis, alors que vous et nous, savons très bien, que c’est l’aboutissement du projet que Mulliez porte depuis la création de la fashion3. 

    Alors pourquoi cacher la future réorganisation aux salariés et aux instances représentatives du personnel. Nous affirmons que vous refusez, cachez et omettez volontairement de transmettre les informations au comité d’entreprise et au comité centrale d’entreprise. 

    Comment aujourd’hui, les salariés peuvent ils imaginer leur avenir chez Pimkie, alors que la direction refuse de répondre à leurs questions légitimes : quelle est la future organisation de notre service ou encore de notre magasin ? Comment pouvons nous être réellement volontaires alors que l’avenir est incertain et que la direction nous menace de licenciement pour motif personnel que nous travaillons aux sièges, en logistique ou en magasins?

    Pour ces raisons, les élus CGT donneront un avis défavorable à votre livre 2, qui expose le motif économique et définit la réorganisation après la suppression, à date et suite aux démissions depuis le 8 janvier 2018, 196 emplois. 

     


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